L’importance du principe d’homéostasie dans la pratique du shiatsu

L’importance du principe d’homéostasie dans la pratique du shiatsu

Homéostasie

L’importance du Shiatsu en tant qu’outil de prévention et d’équilibre

Lorsqu’on étudie les bienfaits du Shiatsu, on réalisent rapidement que l’une des caractéristiques premières de notre art est qu’il aide grandement à maintenir ou rétablir l’homéostasie naturelle du corps, entre autres en influençant positivement les systèmes endocriniens (hormones) et nerveux SNA (sympathique et parasympathique).

Mais qu’est-ce que l’homéostasie? 

L’homéostasie simplement expliquée est le dialogue continuel entre le cerveau et l’organisme. C’est la capacité qu’a notre corps à réguler son environnement interne et à maintenir un équilibre constant face à un monde extérieur toujours changeant.

C’est un processus d’harmonisation très sophistiqué qui surveille et coordonne le travail de chacun des systèmes de l’organisme. L’homéostasie permet, par exemple, le maintien constant de la température corporelle, du pH sanguin, de la glycémie et de la pression artérielle pour ne nommer que ces fonctions.

L’homéostasie est généralement perçue comme un état interne stable et discret, alors qu’en fait l’homéostasie est un processus dynamique qui s’exprime par une constante adaptation entre les demandes de l’environnement interne et celles de l’environnement externe. Ce processus dynamique d’adaptation maintient constamment l’organisme en équilibre par l’entremise d’actions compensatoires appropriées, ceci sans la moindre intervention consciente du propriétaire!

À partir de cette compréhension du rôle majeur de l’homéostasie dans l’équilibre et le fonctionnement normal de l’organisme, il est facile de faire l’hypothèse que l’origine de plusieurs maladies implique d’une façon ou d’une autre une perturbation de cette capacité d’adaptation innée. Notre corps est conçu pour maintenir son équilibre et demeurer en santé, mais nos habitudes de vie et le rythme moderne de celle-ci dépassent parfois cette capacité innée d’autorégulation. Tant que notre organisme a les ressources nécessaires pour soutenir les processus d’homéostasie du corps, nous restons donc globalement en bonne santé.

De façon similaire, la MTC estime que la maladie est le résultat d’un déséquilibre entre les aspects Yin et Yang de l’organisme, déséquilibre qui conduit  soit à l’hyperactivité ou à l’hypoactivité de tel ou tel organe ou système. L’objectif premier de toute thérapie devrait être, je crois, de permettre le maintien ou la restauration de cet équilibre et, par le fait même, soutenir la  capacité d’autorégulation de l’organisme.

Comment le Shiatsu peut-il soutenir les processus d’homéostasie?  

L’application du Shiatsu par un travail respectueux et une écoute appliquée désamorce la branche sympathique et permet au processus d’autorégulation du système nerveux autonome de s’activer. La peau est en grande partie sous l’influence de la branche sympathique du SNA, ce qui en fait la première ligne de défenses de l’organisme, si une dysfonction se manifeste dans l’organisme, un écho de cette dysfonction se manifestera souvent à la surface du corps par une tension ou un inconfort. L’écoute et l’accompagnement de ces réactions à la surface de la peau et à l’étage musculaire est l’une des grande force de notre pratique.

L’extérieur en tant que reflet de l’intérieur

Quand l’homéostasie est perturbée, certain symptômes ou « indicateurs extérieurs » seront perceptibles par une observation attentive du corps. Je crois d’ailleurs que la beauté fondamentale des quatre modes de diagnostic du Shiatsu : Bo-Shin, Bun Shin, Mon-Shin et particulièrement Setsu-Shin, utilisé fréquemment en session, ont justement l’avantage de pouvoir nous permettre de percevoir ces « symptômes/indicateurs »  bien avant qu’un dysfonctionnement organique plus sérieux ait le temps de s’installer.

Cette idée que l’extérieur est le reflet de l’intérieur n’est pas nouvelle. En effet, en 1898, le célèbre neurologue anglais Henry Head (1861-1940) découvrit qu’un dysfonctionnement viscéral s’accompagnait fréquemment d’un changement dans les zones cutanées (peau) associées au même segment nerveux provenant de la moelle épinière.

Dans le même ordre d’idée, en 1917, Sir James Mackenzie, un médecin écossais, a constaté lors de ses recherches que des changements dans le tonus musculaire de certains groupes musculaires pouvaient avoir comme origine un organe ou viscère affecté par une pathologie et ayant en commun la même innervation au rachis. Il ne faut donc pas s’étonner que la douleur et le dysfonctionnement viscéral soient souvent accompagnés d’une modification du tonus musculaire perçu en surface du corps. Stimuler la surface du corps envoie donc un message au corps de réguler ces processus internes en besoin. Nous y reviendrons…

Donc, la surface du corps a beaucoup à offrir comme source d’information sur le fonctionnement interne de l’organisme. Puisque la cause de la contraction musculaire ou l’état de la peau peut être l’indicateur de changements dans la structure ou la fonction de certains organes, ces tensions musculaires ou changements de la texture de la peau peuvent être considérés comme une manifestation concrète d’un manque d’homéostasie quelque part dans l’organisme.

Par conséquent, le praticien en shiatsu pourra considérer ces manifestations comme indicateur possible d’une altération de l’homéostasie. C’est possiblement pourquoi les maîtres du Shiatsu ont de tout temps insisté sur un «travail global» de toute la surface du corps, permettant ainsi, par une écoute méticuleuse de la réponse des tissus, d’accumuler une foule d’informations sur l’état interne de l’organisme.

Le Shiatsu développé par Namikoshi Senseï intervient précisément sur ce niveau par l’utilisation des réflexes cutano-viscéraux afin d’influencer positivement le fonctionnement de l’organisme. Je crois que la manifestation des aspects Kyo/Jitsu le long des méridiens est une expression plus subtile du même processus miroir entre la surface de l’organisme et son fonctionnement interne.

Ce qui m’amène à vous parler de la capacité du Shiatsu à soutenir l’homéostasie de l’organisme par un impact positif, primo sur le SNA et secundo sur le système hormonal. On pourrait envisager le SNA comme un réseau fonctionnant par «impulsion électrique», alors que le système hormonal fonctionne par «impulsion chimique». Tous deux sont des composantes complémentaires du processus d’homéostasie sur lesquels le Shiatsu agit directement.

A) Le système nerveux autonome (Yang)

Le système nerveux autonome (SNA) est constitué de deux composantes antagonistes mais complémentaires: l’aspect stimulant (système sympathique Yang) et l’aspect relaxant (parasympathique Yin).

L’utilisation lors du Shiatsu de «pressions» graduelles et méthodiques permettra, par l’intermédiaire du lien viscéro-cutané, de mettre le système nerveux sympathique au repos et d’activer la branche parasympathique.

Les bienfaits immédiats du Shiatsu par l’intermédiaire du parasympathique (Yin) sont:

  • une diminution du rythme cardiaque et la pression artérielle
  • une respiration plus ample
  • une plus grande détente musculaire
  • une meilleure digestion et assimilation des aliments
  • la libération naturelle d’hormones de bien-être (dopamine, sérotonine)
  • le renforcement du système immunitaire
  • une amélioration de la circulation sanguine, lymphatique et énergétique
  • l’élimination des toxines accumulée dans l’organisme

B) Le système endocrinien et ses hormone (Yin)

L’utilisation du Shiatsu permettra également d’accroitre, par l’harmonisation du sytème endocrinien, la production bénifique des hormones suivantes:

La dopamine, l’hormone du bien-être

La dopamine est un neurotransmetteur, hormone de la joie, de l’enthousiasme. Un niveau bas de dopamine peut entraîner un manque de communication entre les neurones, ce qui produira un manque de contrôle moteur, des difficultés de concentration. Le Shiatsu augmente les niveaux disponibles de dopamine et explique le plaisir et la satisfaction éprouvés pendant et après la réception d’un shiatsu.

La sérotonine, hormone du calme

La sérotonine régule l’humeur en permettant l’expression d’émotions appropriées. Elle a sur l’organisme un effet calmant, réduisant l’irritabilité et un certain nombre «d’envies de compensation» telle la nourriture, l’alcool ou l’utilisation de drogues. Un faible niveau de sérotonine est impliqué dans la dépression, certains troubles alimentaires et troubles obsessionnels compulsifs. Le fait de recevoir des Shiatsu semble augmenter le niveau de sérotonine disponible, produisant un sentiment général de calme et une meilleure capacité à trouver un sommeil réparateur.

Les endorphines, l’analgésique naturel du corps

Les endorphines sont naturellement produites par l’organisme, pour réduire la douleur et donner un sentiment général de bien-être. Encore une fois, le fait de recevoir des Shiatsu augmente naturellement les niveaux disponibles de cette hormone permettant à l’organisme de mieux s’adapter aux situations de stress futures.

Et la réduction significative de la production du cortisol ou hormone de combat/fuite.

Le cortisol est une hormone du stress utilisée pour éveiller les sens face à un danger ou une menace. Des taux élevés de cortisol ont été associés à de nombreux symptômes liés au stress, notamment l’insomnie, l’anxiété, sautes d’humeur. Il a été démontré que le Shiatsu réduit les niveaux de cortisol ramenant le corps et l’esprit à un état de calme bienfaisant. Beaucoup de gens souffrant d’anxiété et de dépression rapportent qu’à la suite d’un Shiatsu leur état de bien-être est nettement amélioré et que cette sensation se prolonge parfois sur plusieurs jours.

Mais comment le Shiatsu, par les procédés qui lui sont propre, peut-il concrètement influencer positivement l’homéostasie de l’organisme? Ce sera le sujet fascinant que nous aborderons dans le prochain blogue. 🙂

 

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *